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mercredi 29 février 2012

L’INDH sort l’artillerie lourde

Depuis 2005, sortir de la précarité fait partie des objectifs du millénaire, pour ne pas dire son objectif premier. Les moyens matériels sont mobilisés, la méthodologie fixée, mais le gouvernement est encore attendu sur des thématiques sensibles comme la hausse des salaires, la redistribution des revenus, l’organisation de la solidarité et les politiques sociales.
5.000.000 : c'est le nombre de marocains concernés par l'INDH qui a mobilisé 11.000 personnes autour de 22.000 projets structurants.DR

 
"L’INDH ne vise pas à remplacer les politiques publiques”, c’est ainsi qu’on pourrait résumer “les conclusions” de Mme Guermai, gouverneur, chargée de l’INDH (Initiative Nationale pour le Développement Humain). N’empêche que cette initiative lancée par le Souverain en 2005 a été et demeure la pierre angulaire d’une action homogène et coordonnée dans la lutte contre la pauvreté. En effet, la précarité sociale est un problème avéré et cruel, qu’affrontent nombre de pays de par le monde et que l'Organisation des Nations Unies (ONU) a voulu placer comme un défi majeur de ce troisième millénaire. Le Maroc s’est inscrit sans tarder dans ce challenge et a adopté l'INDH.
Cette approche structurée et adaptée aux spécificités du pays a bénéficié de l’apport méthodologique et d’une enveloppe de 7 milliards de dollars, pour aider à sortir de la précarité, ceux hélas nombreux, qui y font face. Nous sommes aujourd’hui à la deuxième phase de l’INDH. La première, a bénéficié à 5 millions de Marocains, mobilisé 11 000 personnes autour de 22.000 projets structurants. On s’accorde à juger l’expérience porteuse et ayant déjà donné des résultats encourageants. Si on prend l’exemple de l’auto-emploi, des régions entières, bénéficiaires du programme de l’Initiative ont enregistré des progrès évidents dans la lutte contre la précarité. “Nous soutenons des associations au sein desquelles des populations pauvres se sont organisées, à hauteur de 70%. C’est une manière pour nous de préserver la dignité des personnes que nous aidons, sans prendre le risque de les déconsidérer,” explique Mme le Gouverneur.
Il est à rappeler que l’action de l’INDH vise simultanément deux objectifs: le premier est orienté vers la personne humaine et le second facilitant l’accès aux infrastructures de base et à l’employabilité. Sur le plan théorique, cela semble d’une portée incontestable que personne ne peut ignorer. Mais de là à imaginer que l’action est présente et efficace partout et pour tous, serait un leurre. Certes, les efforts déployés ont été colossaux, mais les besoins le sont d’avantage encore. Ainsi, dans des régions comme celle d' Azilal, les gens continuent à vivre avec 200 DH par an de revenus monétaires, ce qui peut sembler incroyable. Alors que faire, quand sur le terrain, les attentes sont si grandes? Notamment de la part des pouvoirs publics: “Nous avons besoin que des entreprises et des industries s’installent dans notre ville.
Certes, il y a la cimenterie de M. Sefrioui, mais cela reste insuffisant. Nous sommes attachés à notre région. Nous y avons notre famille et nous voudrions y rester. Mais cela n’est pas possible sans moyens de subsistance que seul le travail peut nous garantir. Nous n’avons donc d’autres choix que de quitter notre territoire pour des villes proches, comme Settat, Berrechid ou Casablanca”, explique M’hamed, conducteur de charrette( “karroussa”) à Ben Ahmed où l’impact de l’action n’est pas visible. Mais créer ou encourager des Activités Génératrices de Revenus (AGR) n’est pas chose aisée et nécessite la réunion de plusieurs conditions. Par exemple, la volonté et l’assistance des autorités locales pour aider ceux qui sont successibles de s’installer à leur compte et d'intégrer le circuit productif. Comme la simplification des procédures administratives et l’accès au financement. Sans néanmoins se substituer aux bénéficiaires qui devraient rester, en dernier ressort, les promoteurs de leurs projets.
Il n’empêche qu’à l’actif de l’INDH, les actions sont multiples. Mais elles s’appuient essentiellement sur des associations et des ONG: “Sur les quelque 50 000 associations que compte le Maroc, 6. 000 travaillent dans le cadre de l’INDH. Elles fournissent un travail exceptionnel et je les en remercie. Certaines travaillent dans le milieu rural, d’autres dans l’urbain, dans le cadre de la lutte contre la précarité et de celui des programmes transversaux”, poursuit Mme Guernaii. Par ailleurs, et selon elle, il y aurait 500 associations de bienfaisance qui travaillent sur l’aspect juridique, la santé (physique et mentale), le travail, la réinsertion familiale et socio-professionnelle. On compte également nombre d'associations culturelles et sportives, autant dans les villes que dans les campagnes du Royaume L’objectif dans ces cas là n’étant pas purement économique, mais plutôt de nature à améliorer la qualité de vie des habitants. Cela aura nécessité un investissement colossal: 14,1 milliards de dirhams, dont 8,4 milliards ont été versés par l’INDH.
Le chemin est encore long
Quel bilan peut-on faire de ces actions? Positif à tous points de vue. Reste que le domaine de l’action de l’INDH devrait aller au delà de la lutte contre la pauvreté, la précarité et l’exclusion sociale. C’est dire que, si importante soit l’action de l’INDH, dont personne ne conteste la validité, ni la portée, elle demeure néanmoins un axe, certes important, mais un axe seulement qui a besoin d’être soutenu par d’autres intervenants, vers d’autres orientations.
Les ONG, dont nous dirons un mot plus loin, apportent un complément précieux à l’action de l’Initiative Nationale. Tout comme il reste à faire, et à structurer des actions de solidarité, à connotation religieuse. Pour autant que cette dernière échappe à toute déviation politicienne. En fait, le défi est la reconnaissance de la dignité humaine et à l’échelle d’un pays la cohésion sociale. Or, l’exclusion sociale et la précarité concernent un large éventail de catégories dont les femmes en situation de grande précarité, les jeunes et les enfants des rues, les ex-détenus sans ressources, les enfants abandonnés, les personnes handicapées sans ressources, les personnes âgées démunies, les malades mentaux sans-abris, les mendiants et les vagabonds.
A l’actif du travail sur le terrain de l’INDH, l’identification de deux nouveaux groupes: les toxicomanes sans ressources et les sidéens sans ressources. Il existe aussi d’autres catégories de précarités, de vulnérabilités des Marocains aux intempéries, aux maladies et à la perte d’ emploi, et il n’y a pas encore de mesures concrètes prises dans cette direction. Dans un rapport daté de janvier 2010, Larbi Toumi, ingénieur d’Etat et rédacteur d’un rapport sur l’INDH, relevait la nécessité de diversifier les sources de revenus pour les bénéficiaires des programmes de développement. Certes, générer les Activités Génératrices de Revenus (AGR) est louable et nécessaire, principalement pour les plus démunis.
Mais c’est également une manière de fixer les populations dans le milieu rural et d’arrêter, par la même, l’exode rural. Il demeure que sur le terrain, la réalité est toujours aussi cruelle et notamment dans les petites agglomérations. Il suffit de descendre dans le Sud du pays pour voir dans la région d' Ouarzazate et ses villes satellites, par exemple, des hordes d’enfants chercher pitance. Ceux- là sont à l’évidence visés par les programmes de l’INDH, mais qu’en est-il de ceux qui vivent avec 1000 DH par mois?
D’autres survivent contre vents et marées et tentent leur chance à la ville. Pour combien de temps? En guise de conclusion à ce stade- ci, on ne peut sous-estimer néanmoins l’apport de l’INDH. Non seulement quant aux résultats quantifiables, mais également, et peut-être surtout, sur la méthodologie et l’orientation de l’action d’une telle initiative. Mais l’INDH ne constitue pas la “potion magique” qui va résoudre tous les problèmes inhérents à la pauvreté, à la précarité et à tous les autres maux dont soufre la société marocaine, elle-même, faut-il le rappeler, en pleine mutation.
Les Dégâts collatéraux de la précarité
Un intitulé pareil peut prêter à confusion. Mais il n’en est rien, comme on ne va pas tarder à s’en apercevoir.Tous les textes qui émaillent ce dossier ont pour objet commun de pointer les différents aspects ou plutôt les méfaits dont souffrent nombre de nos concitoyens qui vivent dans la précarité. Mais il n’est pas déplacé -nous semble-t-il- de mentionner également les”nuisances”que cette précarité génère. Tout un chacun ne peut ignorer le vaste “souk” que sont devenus différents quartiers des villes.
Les marchands ambulants font partie, depuis un certain temps, du paysage urbain. Les marchands de fruits et légumes“squattent” des rues entières, devenues de ce fait interdites à la circulation. Que dire des dérangements causés aux habitants de ces rues? Et encore plus des commerces qui s’y trouvent. Le Boulevard Mohamed V et la rue piétonne Moulay Abdallah à Casablanca sont défigurés durant la plus grande partie de la journée. La puissance publique est quasi absente. N’est-il pas envisageable de “réguler” ce commerce sauvage, tout en sauvegardant un tant soit peu, les intérêts des uns et des autres?
Notamment ceux- là même dont viennent les nuisances. On ne peut terminer ce papier sans mentionner un autre sujet plus pénible encore : la mendicité. Avérée, et surtout celle qui est déguisée, prend des proportions sans cesse plus importantes. Au point d’ajouter à la congestion déjà notoire de la circulation à Casablanca. Sans oublier, enfin, le sentiment d’insécurité qui peut en découler.

Noredine El Abbassi @challengemaroc.com

Finance islamique : 7 mesures pour le décollage économique du Maroc

Finance islamique : 7 mesures pour le décollage économique du Maroc

26fév
Le gouvernement dirigé par le Parti de la justice et du développement (PJD) est de facto un gouvernement de crise. Une crise économique et sociale. La récession qui frappe la zone Euro principal partenaire commercial et financier du pays, affecte les exportations marocaines et les flux financiers (transferts des MRE et investissements étrangers directs). Et surtout, les attentes socio-économiques exacerbées par le « printemps arabe » soumettent le gouvernement aux revendications incessantes de “la rue”, au premier rang desquelles la question du chômage. Pour faire face à cette situation, le gouvernement est obligé de trouver de nouveaux gisements de croissance. La solution pourrait bien venir du modèle économique islamique.
L’image choc qui résume le climat socio-économique à Rabat et dans d’autres villes marocaines est sans conteste celle de l’immolation par le feu de diplômés chômeurs désespérés. En s’autoproclamant « cadres supérieurs au chômage », ces jeunes diplômés commettent une erreur de jugement et s’enferment dans une impasse. La réalité c’est qu’ils ne sont pas cadres, puisque la quasi-totalité d’entre eux n’a pas la moindre expérience professionnelle. Quant au qualificatif « supérieur » il est encore plus inapproprié puisque le cœur du problème réside dans l’employabilité de ces diplômés et de leur capacité à répondre aux besoins d’un marché du travail qui a du mal à trouver les compétences requises.
La fonction publique apparaît aux yeux de ces chômeurs comme l’ultime bouée de secours, mais l’Etat marocain ne peut absorber l’essentiel des effectifs qui arrivent sur le marché du travail : seules les petites et moyennes entreprises (PME) sont capables de créer suffisamment d’emplois pour répondre au chômage des jeunes. Tout marocain est censé connaître le célèbre Hadith qui enseigne que le commerce vaut mieux que le salariat : «التجارة خير من الإجارة». Il reste que la situation actuelle est le résultat d’une culture de rentier largement répandue : le programme politique du PJD a d’ailleurs fait de l’éradication de l’économie de rente «اقتصاد الريع» l’une de ses priorités.
La réorientation nécessaire des forces vives de l’économie marocaine vers l’initiative individuelle et vers le secteur productif nécessite une véritable révolution culturelle destinée à développer l’esprit d’entreprise, ainsi que l’adoption de mesures concrètes visant :
  • La sensibilisation générale de la population, la formation de base et la formation spécialisée aux principes de l’économie islamique, et plus généralement du commerce et de la gestion d’entreprise.
  • La simplification de l’acte d’entreprendre.
  • La baisse de la pression fiscale sur les activités génératrices de revenu et sur la consommation, compensée par une hausse de la fiscalité sur l’épargne improductive.
  • La création de banques islamiques d’investissement assurant l’octroi de financements participatifs (Moucharaka et Moudharaba).
  • La commercialisation de produits d’épargne halal.
  • La création d’un compartiment Charia compatible au sein de la Bourse de Casablanca.
PROGRAMME D’ACTION MOUBADARA
L’efficacité de cette mobilisation nécessite la mise en place, auprès du premier ministre, d’une commission interministérielle dédiée qui aura la charge de veiller à la mise en œuvre des mesures de décollage économique prescrites. Ces dispositions s’inscriraient dans un programme intégré national « Moubadara » s’étalant sur les cinq prochaines années, et même au-delà.
Cette commission regrouperait des représentants des départements ministériels concernés, principalement : Habous et affaires islamiques ; Economie et finances ; Agriculture et pêche maritime ; Education nationale ; Enseignement supérieur ; Jeunesse et sports ; Communication ; Emploi et formation professionnelle ; Industrie, commerce et nouvelles technologies ; Tourisme ; Culture ; Artisanat, le ministère de la solidarité, de la femme, de la famille et du développement social ; le ministère chargé des Marocains résidant à l’étranger ; le ministère chargé des Affaires générales et de la gouvernance ; ainsi que le secrétariat général du gouvernement.
Le programme « Moubadara » reposerait sur 7 mesures principales consistant à :

  • Développer l’esprit d’entreprise
- Diffuser des prêches du vendredi mettant l’accent sur les mérites du commerce et de l’entreprenariat.
- Mobiliser les médias (programmes TV, spots publicitaires, etc.) et les leaders d’opinion en faveur de l’acte d’entreprendre.
- Organiser un festival « Moubadara » annuel… sorte de festival Mawazine de la créativité économique, où des entrepreneurs nationaux et étrangers, ainsi que des professionnels ayant réussi dans un domaine particulier, seront invités à exposer leur expérience afin de susciter des vocations. Ce festival couvrira l’ensemble des villes marocaines avec des séminaires, ateliers de travail, guichets d’information, orientation et accompagnement au profit des créateurs d’entreprises et des jeûnes diplômés etc.
  • Vulgariser l’économie islamique
- Généraliser l’enseignement des principes islamiques en matière commerciale «فقه المعاملات» à tous les niveaux du cycle secondaire et dans les filières spécialisées d’économie et de gestion.
- Créer des filières de formation spécialisées en finance islamique.
  • Développer l’activité de banque islamique
- Autoriser l’activité des banques islamiques au Maroc.
- Encourager et faciliter la reconversion des banques conventionnelles en banques islamiques.
  • Développer la bancarisation et l’épargne halal
- Développer la bancarisation à travers la création de produits bancaires d’épargne basés sur la Moudharaba.
  • Promouvoir la Moucharaka
- Créer des guichets dédiés à la Moucharaka au niveau des agences principales des banques conventionnelles. Cette mesure pouvant constituer une étape transitoire pour les banques qui choisiront de se reconvertir en banques islamiques.
- Développer la coopération avec des opérateurs internationaux de capital risque qui apporteraient leur savoir faire en matière de montage de projets et qui bénéficieraient en retour de l’acquisition d’un savoir faire en matière de finance islamique.
N.B. : Voir sur le thème de la Moucharaka l’article :
Révolutionner le financement de la PME pour vaincre le chômage au Maroc.
  • Certifier la Bourse de Casablanca aux normes islamiques
- Instaurer des indices boursiers Charia compatibles permettant de drainer l’épargne nationale “halal” et d’attirer les fonds d’investissement islamiques.
  • Réformer la fiscalité
Le système fiscal actuel calqué sur le modèle occidental taxe principalement la consommation (TVA) et le revenu. Ces deux impôts sont socialement injustes : la TVA pénalise les pauvres ; quant à l’impôt sur le revenu il pénalise d’une part les individus les plus entreprenants et d’autre part les familles nombreuses. Il convient de réorienter la pression fiscale vers l’épargne improductive, afin d’encourager l’investissement productif et la circulation des richesses.
En améliorant le revenu net, une telle réforme est susceptible d’entraîner une augmentation de la consommation et du marché intérieur, qui suscitera à son tour une augmentation de l’investissement productif pour répondre à la demande additionnelle, enclenchant ainsi le cercle vertueux du développement durable auto-entretenu.
Halsaâ Benzha – Spécialiste en création d’entreprise
Fondateur du Journal de la finance islamique RIBH

Less than 10% microenterprises grow into small enterprises

Microfinance Focus, February 25, 2012: In a recent survey conducted by CGAP to understand the current and potential role of microfinance institutions with regard to serving small enterprises, 40 percent of the reporting MFIs said that less than 10 percent of their microenterprise clients grow to become small enterprises.
More than 350 MFIs from 69 countries participated in the survey and most of them claimed that serving small enterprises is part of their business strategy.
While small enterprises are more formal than micro, informality is widespread in all regions with the exception of Eastern Europe and Central Asia (ECA).
Compared to micro enterprises, small enterprises are less often led by women, especially in MENA (Middle East and North Africa) and ECA, where only about 20 percent of small enterprises are led by women.
According to the survey, MFIs’ small enterprise portfolio is increasing and the highest increase is recorded in EAP, Latin America and the Caribbean and Sub-Saharan African region.
Business growth opportunities and following micro clients over time were sighted as the two main reasons for microfinance institutions to serve small enterprises.
Although commercial banks, credit unions, and microfinance banks have separate methodology for small enterprise risk assessment, NGOs, NBFIs and rural banks don’t have a separate one.
Moreover, 44 percent of MFIs do not monitor micro and small enterprise portfolio separately and most MFIs do not have dedicated staff/department to serve small enterprises.
Lack of appropriate risk assessment methodology, high competition from banks and other providers and lack of financial statements are the top three internal, external and enterprise-level challenges respectively that MFIs come across in serving small enterprises
However, MFIs feel that client-focused approach, commitment from top management and dedicated staff, strong risk management, flexible products and delivery are the key success factors for successfully serving small enterprises.

Tunisie : Signature de 2 accords de financement avec la BID d’une valeur de 125 MD

La Tunisie et la Banque Islamique de Développement (BID) ont signé, lundi 27 février 2012, à Tunis, deux accords de financement.

Le premier accord de financement d'un montant de 50 millions de dinars tunisiens (avec un taux d'intérêt annuel de 2,5%, remboursable sur 20 ans), concerne un projet de développement agricole intégré dans 10 délégations dont 6 dans le gouvernorat du Kef et 4 dans celui de Kasserine.
Ce projet vise l'amélioration de la productivité agricole, la préservation de la fertilité de la terre et le développement de l'infrastructure de base, en vue de faciliter aux agriculteurs, la commercialisation de leurs produits.

Quant au deuxième crédit d'une valeur de 75 MD avec un taux d'intérêt de 3%, remboursable sur 15 ans, il porte sur le financement d'un programme de micro-crédit pour soutenir l'auto-emploi et promouvoir l'investissement au profit des jeunes.
La BTS se chargera de la réalisation de ce programme à travers l'octroi de micro-crédits au profit des diplômés du supérieur et des artisans, désireux de créer de petits projets. La BID octroie en outre, 480 mille dinars à la BTS pour développer des produits de la finance islamique adaptés aux micro-crédits.
Un mémorandum d'entente a été signé, par la même occasion, fixant les modalités de la coopération entre la Tunisie et la BID, pour la période 2012-2014 dans les domaines de l'infrastructure de base, l'agriculture, l'enseignement supérieur, le développement régional, l'emploi et le secteur privé.
Lors d'une séance de travail, lundi, avec la délégation de la BID, le ministre de la Coopération internationale et de l'Investissement Ridha Bettaieb a souligné la volonté de la Tunisie de développer la coopération avec les institutions financières arabes, notamment en matière de développement et de finance islamique.

Le président de la BID, Ahmed Mohamed Ali a souligné, de son côté, la disposition de son groupe de renforcer les relations avec la Tunisie qui compte parmi les pays fondateurs de la Banque ainsi que d'élargir les domaines de la coopération à travers des partenariats et un soutien technique.
Il a affirmé la volonté d'aider la Tunisie à développer la finance islamique, précisant à ce propos, que cette activité a, selon certains experts, un fort potentiel de croissance. La finance islamique enregistre, en effet, une évolution annuelle de 15 à 20%.
Le président de la BID a exprimé la disposition de la Banque à impulser la coopération entre la Tunisie et les pays qui ont une grande expérience en matière de finance islamique, à l'instar de la Malaisie.

Les membres du groupe de la BID ont également affirmé la volonté de présenter un soutien à la Tunisie pour diversifier ses exportations vers les pays du sud de l'Afrique, l'Asie et les pays de Moyen-Orient ainsi qu'à mettre à la disposition des petites entreprises des lignes de financement auprès des banques tunisiennes et à présenter des garanties aux investisseurs des pays membres de la BID, pour entreprendre des projets en Tunisie.

Over-indebtedness and investment in microfinance

Microfinance Focus, February 28, 2012: Microfinance rating agency MicroRate and Microfinance Information Exchange (MIX) have today co-published a study ‘The Tipping Point: Over-indebtedness and investment in microfinance’, which examines whether investments contributed to recent microfinance repayment crises, and whether measures of investment activity might serve as early warning signals for future microfinance crises.
The study which is a part of the MicroBanking Bulletin series claims that while ambitious microfinance institution (MFI) outreach goals are commendable, overly zealous loan origination practices can lead to less rigorous credit standards and destructive, unintended consequences.
While the best deterrent to over-indebtedness will come from improved credit reporting systems at the individual and institutional level, the data presented in this study suggests that early warnings for these problems can be found by tracking the supply of credit to MFIs.
Microfinance markets with the most lenders and most competition for MFI clients have seen the highest increases in risk, and likely, client over-indebtedness.
Exploring the origins of crises in Morocco, Nicaragua, Bosnia and Pakistan, the study shows that portfolio quality in these countries began to decline following rapid increases in funding. By 2007, portfolio-at-risk (PAR > 30) levels began to deteriorate, with delinquency rates rising from between 1 and 3 percent to 7 to 13 percent in just two years.
By 2010, local sources (primarily banks) provided the majority of funding - most notably in India. After peaking at 3.2 billion USD in 2009, investment funds represent the second largest source of debt funding, followed by Development Financial Institutions.
Further, the study shows that countries that had more lenders providing debt financing to MFIs in 2007 saw increasing risk over the next four years. These countries include India, Bosnia, Nicaragua, Morocco - that have seen crises or the threat of crises in recent times.
The study also reveals a considerable concentration of MIV (Microfinance Investment Vehicle) funding among the top MFIs. Fifty percent of total MIV funding (almost 5 billion USD) is concentrated in 33 MFIs. The top 100 MFIs receive seventy-five percent of the funding, while 90 percent of funding goes to the top 200 MFIs - the remaining 10 percent is allocated to an additional 400 MFIs around the world.
The complete study can be found here

IFC may lend $50 million to support Chinese microfinance market

Microfinance Focus, February 28, 2012: International Finance Corporation (IFC) has proposed to lend $50 million to Fullerton Credit, China, to increases financial access for the underserved micro and small business enterprises and the self-employed mass market.
The loan will be extended in local currency RMB to Fullerton Credit, Sichuan, Fullerton Credit, Chongqing and Fullerton Credit, Hubei.
The three companies together with a total of 22 branches across three provinces, are each headquartered in Chengdu, Chongqing and Wuhan respectively.
They are all fully owned by AF Management Service which is incorporated in Singapore and further 100 percent owned by Fullerton Financial Holdings, a fully-owned subsidiary of the Government of Singapore’s Temasek Holdings.
IFC believes that the companies have potential to become model institutions in China in serving the MSEs with a novel business model.
IFC is providing another $15 million to Costa Rican financial cooperative COOPENAE for expanding its operations in the country. IFC’s contribution is a part of an initiative supported by the Spanish Fund for Latin America and the Caribbean that will provide advisory services to help COOPENAE identify areas for improvement in its current micro and small enterprise credit operations.

“Yunus was right”, says SKS Microfinance founder Vikram Akula

Microfinance Focus, February 29, 2012: In his speech at the Social Enterprise Conference at Harvard on Sunday, Vikram Akula, the former Chairman of SKS Microfinance, broke his silence about the mistakes he made in his social venture.
“Professor Yunus was right” Akula said. “Bringing private capital into social enterprise was much harder than I anticipated.”
Akula, who stepped down from SKS in November last year acknowledged the legitimacy of the criticism he had received from Mohammad Yunus, 2006 Nobel Peace Prize Laureate Professor and Founder of Grameen Bank, who had long taken issue with SKS’s deployment of private capital in microfinance and its profit orientation.
Akula also stated tonight that he had focused on scaling SKS’ model and had not fully anticipated the potential downside of accessing the public market for social enterprise.
At the end of his speech, Akula expressed hope that future social entrepreneurs would learn from his experiences. “The mistakes I’ve made can help the rest of you” said Akula.
A recent report by Associated Press shows that SKS officials had information implicating company employees in some of the suicides by microfinance borrowers in Andhra Pradesh in 2010. SKS loan officers have reportedly used coercive loan recovery practices and harassed over-indebted borrowers.
According to the report, SKS launched a massive sales drive in December 2009. The "Incentives Galore" program ran through February 2010 — just one month before the company filed its IPO prospectus.
Agents won prizes worth up to 10 times their average monthly salary for signing huge numbers of new borrowers. One loan officer signed up 273 groups in a month. Under training protocols, the ideal number of groups formed per month is 12, the maximum is 36, according to field agents and reports written by Akula.
Six current and former SKS staffers with experience in the field told the AP they no longer had time to check a borrower's assets or follow up and make sure a loan was put to productive use. They said that they were pressured to push more debt onto people than they could handle and that the number of days devoted to borrower training was cut in half.

Symbiotics NewsWatch #199, 28 February 2012

 Feb. 27
‘Yunus Was Right,’ SKS Microfinance Founder Says

“Professor Yunus was right,” Mr. Akula said, referring to Muhammad Yunus, the Grameen Bank founder, economist and a frequent critic of Mr. Akula and others who tried to turn microfinance into a for-profit industry. “Bringing private capital into social enterprise was much harder than I anticipated,” he said.
Source: The New York Times Blog      


Feb. 27
Kenya: Reaching the Poor, Mobile Banking and Financial Inclusion

In a recent Slate article, Jamie Zimmerman and Sascha Meinrath lament the exclusion of the poor from Kenya’s much-touted expansion of mobile money, exemplified by the growth of M-PESA. Our contention is not that M-Pesa or mobile money tools in general are hurting the poor; but that maximizing the potential positive impacts that are so frequently touted requires a harder look at the systems that create and control access to these tools.
Source: Slate           


Feb. 27
Kazakhstan: Rural Impulse Fund II, MicroVest II-A, LP and ASN-Novib Microcredit Fund take a stake in Arnur Credit

Rural Impulse Fund II, MicroVest II-A, LP and ASN-Novib Microcredit Fund (ANMF) took a stake in Kazakh microfinance institution Arnur Credit. Arnur Credit, founded in 2001, is an important player in rural microfinance in South Kazakhstan. Together the new shareholders hold 45% of the company. They will be represented in the Board of Directors of Arnur Credit.
Source: Incofin    


Feb. 27
Indian State pushes Microfinance Prosecutions after Revelations of Lender Links to Suicides

The government of India’s Andhra Pradesh state said Monday it would push prosecutors to move ahead with 76 criminal cases against employees of Indian lenders it believes were involved with driving overindebted borrowers to suicide.
Source: The Washington Post
          

Feb. 23
Who Makes the Rules for the Rules Makers? The Vital Role of Government to Inform Global Standard Setting on Innovative Financial Inclusion

In October of 2006 in Basel, home to the Basel Committee on Banking Supervision and several other financial sector standard-setting bodies, Johann de Waard of the Dutch Foreign Ministry (and member of CGAP’s Council of Governors) remarked with excitement to me and his Crown Princess, Her Royal Highness Princess Máxima, that we had just given him a peek at potentially one of the most fundamental developments in the global financial order since the Renaissance.
Source: CGAP

              
Feb. 23
The State and Future of Impact Investing

In a recent interview with Antony Bugg-Levine, CEO of Nonprofit Finance Fund, we discussed his new book about the impact investing sector, emerging trends and ideas in this space, challenges and opportunities moving forward, what the world would look like if the potential of impact investing were to be realized, and advice to traditional investors interested in becoming an impact investor.
Source: Forbes

           
Feb. 22
Fiji: State's Role in Developing a Financial Inclusive Eco-System

The Government of Fiji has taken an active role in developing a financially inclusive ecosystem and a key component has been the implementation of the first electronic government-to-person (G2P) payment program through the Department of Social Welfare (DSW).
Source: The Fiji Times

mercredi 22 février 2012

Finance islamique: Les offres se précisent

  • La Société islamique pour le développement opérationnelle au Maroc depuis peu
  • 1,4 milliard de dollars de projets financés
  • Ticket d’investissement: 10 à 20 millions de dollars
Finance islamique: Les offres se précisent
La SID, filiale de la BID, finance essentiellement les projets de développement dans les pays membres de l’organisation de la coopération islamique. Jusque-là elle a financé 1,4 milliard de dollars de projets principalement dans le secteur financier, l’immobilier et les industries


La Société islamique pour le développement (SID), filiale de la Banque islamique de développement, est depuis peu opérationnelle sur le marché marocain. Il aura fallu plus de dix ans après la création de l’institution financière pour que le Maroc ratifie l’accord lui permettant d’opérer dans le Royaume. Une délégation de la SID a présenté, le jeudi 16, sur invitation d’Attijariwafa bank, les modes d’intervention de l’institution. Cette invitation n’est pas fortuite puisque la finance islamique est redevenue un sujet important depuis l’arrivée du PJD au pouvoir.
La SID a pour principale mission de contribuer au développement économique de ses pays membres. Ils sont au nombre de 52 (il s’agit des pays ayant ratifié l’accord portant création de la SID). En dehors du financement des projets publics, elle accompagne également les entreprises privées. En clair, il s’agit d’une source de financement supplémentaire pour les entreprises locales. A la seule différence que les montages financiers sont conformes à la Charia. Même si elle octroie des lignes de financement aux banques conventionnelles, leur utilisation par ces dernières doit être conforme à la Charia.
La filiale de la BID est dotée d’un capital de 2 milliards de dollars (plus de 17 milliards de DH). Elle investit en direct dans les projets ou les entreprises. Mais, «la règle est de ne pas acquérir plus de 33% du capital d’une entreprise ou d’un projet dans lequel nous investissons», souligne Oumar Sylla, responsable à la SID. Sur les projets «greenfield», la SID peut apporter jusqu’à 40% du coût global. Globalement, «le ticket d’investissement varie entre 10 et 20 millions de dollars sur une durée comprise entre 4 et 7 ans», avance Sylla.
D’autres facilités sont également accordées notamment le financement du fonds de roulement des entreprises par voie de Mourabaha. Le bailleur de fonds intervient principalement dans les industries de transformation, le secteur financier ou encore l’immobilier. Ces trois secteurs ont capté environ 74% de ses financements qui totalisent aujourd’hui 1,4 milliard de dollars.
D’ici 2020, la SID espère favoriser la création de 1 million d’emplois et 50 institutions islamiques de financement dans ces pays membres. Elle prévoit également deux investissements dans une institution financière par pays à la même échéance.

F. Fa @ Leconomiste

Symbiotics NewsWatch #198, 21 February 2012

              Feb. 20
China: Number of China's Micro-Lenders Rise 64 Percent               
China's micro-credit sector witnessed explosive growth last year as the government encouraged lenders to provide more loans to small and micro-sized enterprises. The number of micro-credit companies rose 63.81 percent year-on-year to reach 4,282 by the end of December, the People's Bank of China, or the central bank, said in a statement on its website.
Source: CRIenglish.com


              
              Feb. 18
Pakistan: PMN, PPAF Launch Joint Initiative to Map Microfinance Markets              
The Pakistan Poverty Alleviation Fund (PPAF) and Pakistan Microfinance Network (PMN) have jointly launched an initiative called MicroEYE to map the competitive environment of microfinance markets in the country.
Source: Daily Times


               
              Feb. 16
Client Protection in Microfinance: The Smart Campaign Enlists Donors and Investors              
In the last year, at least ten major microfinance investment funds managing more than $2 billion have integrated client protection assessment into their due diligence and reporting. Social investors are playing an important role here, as they seek to hold their investee MFIs accountable for good practices.
Source: Foundation Center


               
              Feb. 16
Mexico’s National Council for Financial Inclusion              
Over the last few years, the Mexican financial system has been moving toward a more inclusive financial system by expanding access to and usage of financial services. Mexico will continue working at the international level to promote financial inclusion.
Source: CGAP


               
              Feb. 16
India: Commercial MFIs Can Make Markets Work for the Poor              
Commercial microfinance institutions (MFIs) are an exemplification of making markets work for the poor. Are they indeed? A recent piece of research, comparing the lending performance of for-profit MFIs with not-for-profit MFIs, shows that though for-profit MFIs serve close to three-quarters of the market, the evidence does not seem to indicate that these MFIs lend indiscriminately when compared to their peers.
Source: The Economic Times


               
              Feb. 15
The Lessons of Microfinance History              
The new microfinance practitioners may have largely forgotten the history, but they have taken inspiration from the past more than they realize….And they have repeated the successes at least as much as any failures.
Source: CAGP


               
              Feb. 14
What Ails Microfinance?              
In the post-implosion analysis of the microfinance sector in Andhra Pradesh, one entity came out virtually unscathed—the idea that microfinance is basically a force for good. The argument was that microfinance has the potential to alleviate poverty and empower people, and the real problem is with a few unscrupulous or greedy microfinance organisations. The solution therefore was better regulations—such as capping the interest rates and increasing transparency.
Source: Forbes India

mardi 21 février 2012

Ahmed Ghazali, Al Amana «Nous sommes toujours dans une phase d’assainissement»

Par Sophia AKHMISSE   @ Les Echos    
Vendredi, 17 Février 2012 16:08

Ahmed Ghazali,
Président du Conseil d’administration d’Al Amana.
Les Échos quotidien : Dans un climat de crise, comment se porte l’association Al Amana ?
Ahmed Ghazali : Al Amana est en train de sortir de la crise de croissance qu’elle a connue depuis 2008. Nous sommes redevenus excédentaires. Bien que nous ne soyons pas revenus aux niveaux idéaux de l’avant-2008, notre niveau de portefeuille à risque (PAR) à 30 jours est acceptable, avec environ 5%, soit en dessous de la moyenne du secteur. Néanmoins, nous sommes toujours dans une phase d’assainissement, de consolidation, de réorganisation, et d’amélioration de nos instruments de travail.
Depuis le départ en 2009 de Fouad Abdelmoumni, fondateur et ancien DG, Al Amana est passée par un directoire avec 3 directeurs de pôle pour finalement recruter Youssef Bencheqroun en septembre 2010. Structurellement parlant, nous avions l’impression qu’Al Amana se cherchait. Aujourd’hui s’est-elle trouvée ?
C’était dans l’ordre des choses. Aujourd’hui, Al Amana dispose d’un leadership technocratique tout à fait compétent, bien installé dans sa gouvernance et dans son travail. Nous avons aussi réorganisé notre structure interne et créé de nouveaux pôles. Nous avons également introduit notre système vertical de contrôle de gestion au niveau de nos nouvelles directions régionales. Nous avons mis en place un pôle audit, une inspection et avons amélioré notre système d’information. Au final, nous nous sommes ainsi rapprochés des modèles d’organigramme des établissements financiers de qualité.
On parle beaucoup d’Al Amana comme la première AMF à se transformer. Qu’en est-il à l’heure actuelle ?Tout un climat est en train de changer et interpelle les associations de microcrédits pour qu’elles fassent des efforts sur elles-mêmes afin de mieux adapter leur gouvernance à la situation, et donc celles qui auront réussi à passer cette «crise de croissance» en sortiraient renforcées, et prêtes à une transformation. Cette adaptation passe par l’appropriation et le calibrage des standards des établissements financiers régulés par les associations de microcrédits jusqu'à leur vocation. Cela les habiliterait dans la mêlée à passer à une autre phase, celle de la société financière spécifique. Car il ne s’agit pas de reprendre le modèle des établissements financiers à vocation commerciale et lucrative. Nous sommes arrivés à un niveau de maturité, à un niveau d’activité qui nous permet d’envisager la transformation. Al Amana a toujours été dans cette démarche et cette perspective de transformation, et ce depuis 2007 environ. Chaque fois que nous avons organisé notre retraite stratégique, la question de la transformation était déjà posée. Il s’agit dont pour nous d’un sujet récurrent. Nous sommes dans l’anticipation en termes de gouvernance institutionnelle, en termes de relationnel. Nous sommes peut-être la seule AMF à avoir inviter la Banque du Maroc à venir nous auditer pour vérifier que nos standards actuels sont compatibles avec une activité financière saine. Nous sommes dans une démarche pratique et opérationnelle de préparation. Maintenant, Al amana est en train de consolider son activité. En principe, nous sommes potentiellement prêts à devenir une société financière spécifique. Maintenant, il reste le cadre législatif qu’il faut mettre en place. Et il reste évidemment toutes les mesures à prendre dans le cadre de notre marketing institutionnel pour pouvoir passer à l’étape supérieure. Nous devrions pouvoir envisager la transformation dans les deux prochaines années. Une fois la loi adoptée, il faudra nous préparer à avoir des associés institutionnels, les convaincre, les mettre à l’épreuve et passer la main.
Justement, êtes-vous déjà en contact avec d’éventuels partenaires institutionnels ?
Les institutionnels qui sont autour de nous sont déjà convaincus. Au contraire, ce sont eux qui sont demandeurs. Nous n’avons même pas à les convaincre. Nous aurons probablement plutôt besoin de faire le tri.
Et après la transformation ?
Nous deviendrons une société financière spécifique. Le terme exact doit encore être déterminé par la loi. En tout cas, nous élargirions notre offre avec l’aide de nos associés institutionnels. Nous passerons simplement du statut d’association à celui d’un établissement financier.

Le microcrédit remonte la pente

Par Anne-Sophie MARTIN @ Les Echos
Vendredi, 17 Février 2012 16:08
Il était temps. Alors que le secteur survole une zone de turbulences depuis 2008, caractérisée par un portefeuille à risque (PAR) à 30 jours très élevé, il semblerait que l’ensemble des acteurs concernés aient enfin pris la mesure du danger. C’est ainsi au tour du Centre Mohammed VI de soutien à la microfinance solidaire (CMS), rattaché à la Fondation Mohammed V pour la solidarité, de présenter un instrument pour surpasser cette «crise», qui ne veut pas dire son nom. C’est donc hier que le Centre a présenté la cartographie de la microfinance au Maroc. Réalisée par l’éditeur de solutions cartographiques, Urbasoft, cette cartographie répertorie l’ensemble des agences du réseau de microcrédit au Maroc. Accessible au grand public sur le site Internet de la Fondation, cette cartographie se veut ainsi un outil interactif de localisation des implantations des associations de microcrédit (AMC), qui sont actuellement au nombre de 1.100 environ.
Permettre une meilleure couverture du territoire...
Résultat d’une collaboration étendue entre l’ensemble des associations de microfinance (AMF), avec la Fédération nationale des associations de microcrédit (FNAM), la cartographie répond à un besoin d’information urgent. À la première lecture de cette carte, on s’aperçoit ainsi assez rapidement du manque d’optimisation de la couverture du territoire. De nombreuses zones, notamment rurales, restent peu voire pas du tout couvertes par l’activité du microcrédit. Or, les besoins d’inclusion financière d’une population jusque là exclue du système deviennent de plus en plus pressants. C’est d’ailleurs pour cela qu’il est prévu de recouper cette cartographie du secteur avec les enquêtes du HCP, dont celles sur la pauvreté. L’objectif est de fournir le maximum d’informations pertinentes aux acteurs, afin de leur faciliter la prise de décision avec une analyse croisée. C’est ainsi que les AMC auront droit à un accès bien plus large que le grand public. Outre les positionnements des agences, ils pourront ainsi effectuer des requêtes précises. Il est d’ailleurs important de noter que l’accès à l’ensemble des informations répertoriées par le portail se fera à la seule condition que les AMC fournissent à temps, et de façon trimestrielle, leurs données propres. Si tel n’est pas le cas, l’association en faute se verra refuser l’accès à la cartographie. Dans une deuxième phase, le projet de cartographie prévoit d’ailleurs d’intégrer des indicateurs critiques.

...et mettre en place un «zoning» des implantations
En utilisant cet outil, les AMC pourront ainsi évaluer les besoins en investissement et les éventuelles possibilités de répartition. Parmi les facteurs qui ont conduit aux difficultés du secteur, la concurrence entre les associations a très souvent été mise sur le banc des accusés. Pendant très longtemps, les associations se sont en effet déployées en fonction des implantations de leurs consœurs. Adoptant ainsi une logique typique des établissements financiers commerciaux, des associations à but non lucratif ont dévié de leur métier d’origine, quitte à bouleverser le secteur et à le conduire dans une impasse. Aujourd’hui, les incriminés prennent conscience de leur faute. Concrètement, il s’agit de faire du «zoning». «À la différence du secteur bancaire, la microfinance ne connaît pas la concurrence. Si une agence de microcrédit s’implante dans telle ville, il ne doit pas y en avoir une autre qui s’installe 100m plus loin. Au contraire, si une agence s’ouvre dans une zone déterminée, cette zone doit devenir une zone exclusive pour l’association concernée» répond ainsi Tariq Sijilmassi, président de la FNAM. Cela s’apparente pourtant à de la concurrence. L’argument évoqué pour éviter ces installations à périmètre restreint est la volonté de limiter l’endettement croisé. Or, celui-ci a été particulièrement aggravé par le manque de responsabilité des associations elles-mêmes. La centrale des risques mise en place afin de lutter contre cet endettement croisé pourrait bien remédier à ce problème. Dans le cadre du renouvellement global du métier du microcrédit, les acteurs marocains concernés se sont également mis d’accord pour mettre à jour et améliorer l’actuel code de déontologie que possède la FNAM. Celui-ci devrait être présenté dans les prochaines semaines à la presse. Ces actions s’intègrent dans le cadre d’une stratégie globale de refonte du métier du microcrédit au Maroc. Nous avions peut-être oublié ce secteur. Cependant, celui-ci reste l’un des instruments les plus efficaces pour lutter contre la pauvreté et inclure financièrement les populations défavorisées.

La microfinance se met au géomarketing

Une cartographie pour une couverture optimale du territoire
Le surendettement des clients résolu
                   
D’abord le constat. Le leadership régional du Maroc dans la microfinance est avéré. Un tiers des emprunteurs des institutions de microfinance, actives dans un pays arabe, habite au Maroc où 7% des 31,2 millions d’habitants, selon le HCP, sont considérés comme vivant en dessous du seuil national de pauvreté.
Cependant, relativise Tarik Sijilmassi, «la microfinance est surtout une des réponses à la lutte contre l’exclusion financière». Pour le président la Fédération des associations de microcrédit (Fnam), leur activité a beau être «micro, il y a de la finance dedans». Il n’empêche, insiste-t-il, que «nous ne faisons pas ce métier de militantisme social pour faire des bénéfices, mais des excédents que nous réinjectons dans l’activité pour élargir l’assiette des bénéficiaires». C’est pour cela qu’évoquer le taux élevé pratiqué par les associations de microcrédit (AMC) met Fouad Benjelloun hors de lui. Le directeur général d’Al Amana préfère parler de «coût d’inclusion», qui se calcule, entre autres, sur la base du coût inhérent au temps d’inclusion sociale et du développement du savoir-faire des 12 associations affiliées à la Fnam qui permet la solvabilité des 800.000 clients de microcrédit. Le Royaume constitue, à une échelle plus large, un cas d’école pour analyser les processus d’inclusion financière, renchérit Youssef Errami, directeur exécutif du Centre Mohammed VI de soutien à la microfinance solidaire (CMS). C’est en cela que la commande d’une cartographie de la microfinance par l’Observatoire national de la microfinance, dirigé par Mohamed Lasri, à la filiale du groupe Capital Consulting, Urbasoft, est pertinente. Son directeur, Chamseddine Ould-Sidi-Baba, lui, présente cette nouvelle plateforme d’informations croisées comme étant un outil de géomarketing par excellence (www.cm6-microfinance.ma). Il restitue dans les menus détails le géopositionnement de chaque AMC et donne une dimension spatiale, listant les données relatives au secteur (en termes d’acteurs en présence/couverture, de clientèle active et potentielle, de zones non couvertes…). La cartographie permet le croisement de plusieurs données, notamment macro-économiques (populations, ménages, revenus…). Pour l’expansion très rapide des institutions marocaines de microfinance et leur quasi-concentration sur un seul service, le microcrédit, un outil comme celui-là est structurant, dira Sijilmassi. Il garantit une couverture optimale du territoire. Sous ses allures de zoning, laissant croire que les AMC se livraient une concurrence, comme dans le secteur bancaire, cette cartographie donne une photographie nette de l’activité du microcrédit et permet de résoudre la problématique de l’endettement croisé. Problématique presque apurée aujourd’hui avec la réduction de 1 million à 800.000 le nombre de bénéficiaires du microcrédit. Les AMC marocaines, avec un encours de 5 milliards de DH, n’avaient de choix que de mettre de l’ordre dans leurs rangs. Sachant que l’activité du microcrédit fonctionne selon une logique de pérennité (le secteur se finance exclusivement dans le système bancaire), le taux est indexé aux principaux des AMF: coûts du crédit, de gestion, du risque et d’alimentation des fonds propres.
La crise de croissance, ayant frappé les leaders mondiaux du secteur à partir de 2007 à la suite d’une forte détérioration de leur portefeuille de prêts soumis à une montée des impayés, est passée par là.
Bachir THIAM @ Leconomiste

Microfinance: «L’habit des associations est devenu trop étroit»Entretien avec Ahmed Ghazali, président d’Al Amana

Remettre au goût du jour le projet de loi
Microfinance «L’habit des associations est devenu trop étroit» Entretien avec Ahmed Ghazali, président d’Al Amana
Ahmed Ghazali: «Il est tout à fait naturel que des acteurs de ce secteur se posent la question de transformation»

 En 2004, Al Amana recevait le prix de la Grameen Foundation. En 2008, la Fondation BP pour le microcrédit reçoit le prix de la haute performance et le certificat de la transparence financière attribués par Microfinance Information Exchange. Pour toutes ces performances, Ahmed Ghazali tient à la transformation de certaines AMC en établissement financier.
- L’Economiste: Où en est le dossier de transformation des associations de microfinance?
- Ahmed Ghazali: D’abord, le dossier de transformation de certaines associations de microfinance au Maroc est inscrit dans l’ordre des choses. De ce fait, ce n’est pas quelque chose d’exceptionnel, ni de surprenant. A partir du moment où vous avez un secteur qui s’est développé comme il l’a fait pendant une dizaine d’années avec des taux de croissance à deux chiffres et drainé des milliards de dirhams; l’émergence d’associations comme Al Amana, la Fondation Banque Populaire, le Fondep et d’autres qui sont des leaders dans ce domaine, ayant désormais des surfaces financières de plus en plus importantes, des centaines de milliers de clients et d’agences à travers le territoire, il est tout à fait naturel que des acteurs et des animateurs de ce secteur se posent la question de transformation. Parce que l’habit juridique et institutionnel des associations à vocation économique établi au début pour les AMC est devenu étroit, tout simplement. Pour faciliter et se projeter dans l’avenir, avec un potentiel de croissance supplémentaire, il fallait bien évidemment penser à la transformation.
- Que faites-vous au sein de votre association?
- Al Amana a commencé à réfléchir à la transformation depuis 2008. A chaque fois que nous organisons la stratégie annuelle, la question de transformation a été abordée. D’abord, sur le plan interne, chaque fois on demandait et veillait à ce que la technostructure de l’institution adopte les standards d’un vrai établissement financier. Nous avons mis en place un système d’information performant, une organisation proche des établissements bancaires, des relations avec le régulateur du système bancaire que nous avons souvent invité pour nous scruter de l’intérieur et nous donner ses recommandations… Par ailleurs, Al Amana a travaillé comme initiateur pour le compte du secteur de la microfinance dans ses relations avec l’environnement institutionnel, décisionnel, avec le régulateur (Bank Al-Maghrib) pour les sensibiliser à la nécessité de transformer justement le cadre juridique de sorte à permettre aux AMC d’avoir l’habit juridique approprié à cette seconde étape.

- Où est-ce que ça coince?
- Un projet de loi a été élaboré pour permettre d’ouvrir la voie aux AMC à la première étape, qui est celui d’établissement financier spécifique. Ce qui n’a rien à voir avec l’établissement de crédit à la consommation. Pour cela, il faut calibrer le cadre juridique pour que les AMC transformées gardent leur vocation d’acteur de développement. Avec le nouveau gouvernement, il faut probablement remettre les compteurs à zéro pour voir le processus législatif accomplir son parcours.
Propos recueillis par Bachir THIAM @ Leconomiste

mercredi 15 février 2012

Symbiotics NewsWatch #197, 14 February 2012

Feb. 14China: Shanghai Has Big Plans for Smaller Lenders
Shanghai is encouraging more foreign companies to set up microfinancing operations, the city's financial authority said on Monday, ahead of the opening of the first such organization in the municipality.
Source: China Daily

Feb. 13Peru: IFC Provides $25 Million to Peru’s Financiera Crear to Expand Financing for Micro Enterprises
IFC, a member of the World Bank Group, today signed an agreement that provides the equivalent of $25 million in long-term financing to Peru’s Financiera Creditos Arequipa S.A. to help the company expand financing for micro, small and medium enterprises in low-income and rural areas of the country.
Source: IFC

Feb. 13India: MFIs Not a Way of Making Money Out of Poor: YunusMuhammad Yunus, the Nobel peace prize winner of 2006 and founder of Grameen Bank of Bangladesh, a global model for micro-lending to the poor, on Monday came down heavily on micro-finance companies going public through share issues. He said stock markets or public floats had no place for micro-finance companies, as it destroyed the very essence of micro-credit.
Source: Financial Chronicle
Feb. 13Inter-American Development Bank Fuels Impact Investing in Latin AmericaMore than $110 million of impact investing resources were mobilized by the IDB over the past 18 months to finance profitable projects that bring about social change.
Source: IDB
Feb. 10Microfinance in Bangladesh: It's Not What You ThoughtThe model of microfinance in Bangladesh, as it originated at Grameen Bank, involved tiny loans to women with fixed terms and amounts, group liability, weekly meetings, forced payments into a group savings account, and a set of 16 social pledges chanted each week while standing at attention. The Grameen model spawned imitators around the world, involving a large share of microfinance clients in India, the Philippines and East Africa, among other places.
Source: The Huffington Post

Feb. 10India: Banks Raise Loan Costs for MFIsPublic sector banks have raised the effective interest rate at which they lend money to microfinance institutions (MFIs) to between 15% and 18%, citing higher risks in the sector.
Source: Livemint.com

Feb. 07Accessing the Future: Beyond the Traditional Microfinance SpaceIn five years, how will the poor be accessing financial services? If we could step back in time to 2006 with the microfinance sector scaling rapidly across the globe, it would have been hard to imagine that today mobile money users would outstrip all banked individuals in some countries, or that in other countries commercial banks would have overtaken microfinance institution (MFI) outreach to the poor in just a few years.
Source: Center for Financial Inclusion

Nigéria : ouverture de la première banque islamique

Après la Tunisie, le Maroc, et le Pakistan, place à la finance islamique au Nigeria.

« Un rêve devenu réalité »

La finance islamique au Nigeria fait ses premiers pas avec l’ouverture toute récente d’une première banque islamique. Basée dans la capitale Abuja, la banque Jaiz dispose de deux succursales dans les Etats musulmans de Kano et de Kaduna. Ses succursales proposeront aux particuliers et aux entreprises du pays des opérations financières conformes aux principes musulmans (l’interdiction de l’intérêt et de l’usure, un meilleur partage des profits et des risques entre les contractants…). La banque compte poursuivre son développement et ouvrir d’autres établissement dans les autres régions.
La finance islamique nigériane permettra également de favoriser davantage les investissements, et de booster ainsi l’économie locale. M. Abdul-Lateef Adegbite, membre du Conseil Suprême du Nigeria estime que sa pratique nationale est « un rêve devenu réalité ».

Un sujet polémique au Nigeria

Certains chrétiens se sont opposés à cette initiative accusant le directeur de la Banque Centrale du Nigeria, Lamido Sanusi, de favoriser davantage une religion qu’une autre.
L’Association chrétienne du Nigeria compte mener une action judiciaire contre la BCN, ci celle-ci ne retire pas la licence qu’elle a accordé à la Banque Internationale Jaiz, qui permet de lancer les services bancaires islamiques.
Ce débat opposant chrétiens et musulmans autour du développement de la finance islamique était déjà apparu en été 2011, avec la déclaration de l’archevêque de Lagos qui estime qu’elle représente une « autre méthode de domination des chrétiens de ce pays ». Auparavant, des associations chrétiennes avaient également fait appel au Président du Nigeria, Goodluck Jonathan, en lui demandant de retirer ce projet.
Cependant, la Banque Centrale Nigérian rejette ces accusations affirmant que les services bancaires islamiques ne sont qu’optionnels, et non pas imposés, et visent à proposer une autre alternative aux nigérians insatisfaits du système bancaire conventionnel. En outre, elle est une alternative afin de dynamiser l’économie du pays en proposant des principes financiers moraux, principes que l’on retrouve également dans le christianisme.
Les musulmans nigérians sont quant à eux, ravis de cette initiative qu’ils soutiennent totalement, en accueillant chaleureusement la nouvelle banque Jaiz. Mais selon certains consultants, la banque Jaiz aurait déjà discrètement proposé des opérations bancaires afin de ne pas troubler davantage l’ambiance socio-politique tendue qui règne au Nigeria à l’heure actuelle.
In fine, le gouvernement nigérian devrait communiquer davantage sur la finance islamique et ses principes éthiques qui pourraient considérablement profiter à l’économie, et aux particuliers. La communication et la sensibilisation contribueraient à éviter davantage de dissensions entre la communauté chrétienne et la communauté musulmane du pays qui sont presque équitablement réparties. Notons également, que la finance classique ne disparaitra pas pour autant. Les particuliers auront donc le choix entre les différents systèmes.
Le système bancaire islamique existe désormais dans près d’une cinquantaine de pays dans le monde de manière plus ou moins avancée et connait un regain d’intérêt depuis le début de la crise financière (2008) . D’après le rapport de novembre 2011 de PriceWaterhouseCoopers, la finance islamique devrait croître entre 15 à 20% par an.

Accord de financement entre la SFI et la FONDEP pour stimuler la croissance économique et la création d'emplois

La Société financière internationale (SFI) et la Fondation pour le développement local et le partenariat (FONDEP) ont signé un accord de financement visant à stimuler la croissance économique et la création d'emplois au Maroc à travers le secteur de la microfinance, indique un communiqué mis en ligne mardi sur le site électronique de la SFI.
En vertu de cet accord, la SFI, membre du Groupe de la Banque mondiale, s'engage à offrir une garantie partielle de 9 millions de dollars à la FONDEP, ce qui permettra de mobiliser des fonds de 27 millions de dollars sous forme de prêts aux micro et petites entreprises au Maroc, ajoute la même source.
En outre, la FONDEP bénéficiera d'un appui technique de la SFI pour améliorer ses capacités et développer ses services.
Ainsi, les micro-entreprises et les Très petites entreprises (TPE) vont pouvoir accéder plus facilement au financement avec le renforcement de la capacité de refinancement de la FONDEP et le développement de son réseau d'agences dans le Royaume.
La FONDEP est la troisième institution de microfinance au Maroc. Fondée en 1966, elle cible les populations à faible revenu dans les zones urbaines et rurales, avec un réseau de 170 agences et plus de 900 employés. Son portefeuille de crédits s'est chiffré à 729 millions de dirhams à fin 2011.
MAP

mardi 14 février 2012

Ma classe solidaire : le kit pédagogique du microcrédit

Babyloan, le site internet qui vous permet d’effectuer des prêts solidaires à des milliers de micro-entrepreneurs du monde entier, a lancé il y a quelques mois un kit pédagogique pour sensibiliser les enfants au micro-crédit. Découvrons ensemble l’initiative.

Pourquoi un kit pédagogique ?

Vous connaissez déjà le concept de micro-crédit et les initiatives menées par Babyloan, n’est-ce pas ? Sinon, je vous conseille de lire en préambule l’article de Nathalie “Le microcrédit pour les nuls”.
Avec « Ma Classe Solidaire », la plateforme de micro-crédit solidaire confirme sa volonté de sensibiliser et d’éduquer le grand public aux thématiques de la solidarité. Il s’agit de présenter la dimension sociale de l’économie solidaire et du développement durable.
L’outil, développé avec trois professeurs de collège et lycée, aborde des volets « économique » et « social » du Développement Durable, afin de sensibiliser les jeunes, acteurs de demain, à une économie plus juste et centrée sur l’Homme. Le kit, accessible à cette adresse, vous propose d’aborder le sujet en trois phases d’apprentissage résumées ainsi :
  • CONNAÎTRE : des fiches théoriques qui apportent chiffres clés, définitions, explications, vidéos dont le but est de sensibiliser l’élève aux problématiques du monde dans lequel il évolue et de l’informer de pratiques alternatives.
  • EXPERIMENTER : au travers de cas pratiques, l’élève est amené à approfondir sa réflexion et à se mettre en situation.
  • AGIR : le kit propose d’aller plus loin, en passant de la sensibilisation à l’action via un projet solidaire mené par l’ensemble de la classe.
Dix Sept classes (soit 403 élèves) se sont déjà investies dans le micro-crédit, parrainant ainsi 41 projets, en témoigne la page suivante :
Le constat de départ de Babyloan est simple : le développement durable, chez les jeunes, est trop souvent apparenté au tri et au recyclage. En élaborant ce kit, l’idée est donc de leur donner une image bien plus large du sujet !

Qu’en pensent les profs ?

Eric, professeur d’économie au Lycée Paris 19ème, explique ce qui lui plaît dans cette démarche :
“On oublie trop souvent que l’économie sociale et solidaire  appartient au Développement Durable. Avec Ma Classe Solidaire, je sensibilise mes élèves à cette thématique tout en leur proposant de s’impliquer concrètement.”   
Pour Séverine Daniel, professeur de sciences économiques au lycée Théodore de Banville à Moulins :
“L’idée n’est évidemment pas d’engager de gros montants. Un, deux, cinq euros suffisent. En revanche, cette expérience permet d’ouvrir les élèves à des notions comme l’égalité homme-femme, la citoyenneté, la justice ou la mondialisation.
Par binôme, les élèves arrêtent leur choix sur un projet, le défendent devant la classe, puis un vote a lieu.
Je trouve intéressante, l’idée de montrer qu’une autre finance et une autre mondialisation existent. Surtout en ce moment ! Avec cette expérience, les élèves découvrent concrètement ce que signifie être entrepreneur. Ils comprennent qu’on peut développer une activité économique avec des bouts de ficelle. C’est stimulant ! En fait, nous voulons leur faire prendre conscience qu’ils ont un rôle d’acteur à jouer.”
Autant dire que l’initiative, impulsée suite aux demandes reçues par les professeurs, connaît un franc succès !

Le 13 février 2012 | Par

Anne-Sophie
Ses articles
Son Twitter
Touchée par le virus de l'info & des médias, éco-convaincue de longue date, j'aspire à mobiliser les consciences à grande échelle...

Banques islamiques : la loi que propose le PJD

Le parti a préparé une proposition de loi qu'il compte présenter prochainement à la première Chambre. Trois types d'établissement : banques, établissement assimilé et institution financière islamique.
 
Le Maroc pourrait avoir à moyen terme ses premières banques islamiques. Visiblement, ce dossier est une priorité pour le gouvernement de Abdelilah Benkirane, suivant en cela la volonté de la formation aux commandes de l’Exécutif, le Parti de la justice et du développement (PJD). C’est justement le groupe parlementaire dudit parti à la Chambre des représentants qui présentera prochainement une proposition de loi dans ce sens. Ce texte qui vient de faire l’objet de quelques réaménagements a été élaboré par une équipe d’experts de cette formation politique chapeautée par Mohamed Najib Boulif, ministre des affaires générales et de la gouvernance.
Le choix de la formule de la proposition de loi n’est pas fortuit. Le parti de M. Benkirane n’a cessé de dénoncer, quand il était le principal acteur de l’opposition, la lourdeur du processus d’élaboration des textes de loi en faisant allusion à l’intervention du Secrétariat général du gouvernement. Une telle option permettra-t-elle d’éviter les blocages notamment au niveau de cet organisme ? Pas si sûr, le SGG étant juridiquement habilité à donner un habillage juridique aux textes. L’on espère en fait accélérer la procédure pour que ce texte soit adopté le plus tôt possible.
Il faut dire que les pouvoirs publics, qui ont autorisé la vente par les établissements de crédit «conventionnels» de produits islamiques, dits alternatifs, se sont toujours montrés très réticents par rapport à la création de banques spécialisées. Mais la donne a changé avec la victoire du PJD aux législatives. «Nous sommes convaincus que ce modèle a fait ses preuves de par sa résistance aux crises financières et présente un important potentiel de croissance», plaide un membre de la commission qui a travaillé sur la proposition de loi. Il faut aussi dire que le montant des fonds en circulation dans la finance islamique mondiale est estimé à plus de 1 000 milliards de dollars (soit 8 500 milliards de DH) en 2011, en progression de plus de plus de 50% par rapport à 2008 et de 21% par rapport à 2010. Et étant donné que 25% de la population mondiale est de confession musulmane, le potentiel de croissance de ce système s’avère très important. Les spécialistes projettent que 40 à 50% de l’épargne de ces derniers soient bientôt captés par la finance islamique. Et les concepteurs du projet marocain considèrent que le Royaume ne sera pas en reste.
Une participation des banques aussi bien dans les profits que dans les pertes
Le texte s’arrête d’abord sur les fondamentaux du système. Il définit ainsi les principes généraux qui régissent les produits actuellement commercialisés dans les banques, à savoir le halal (autorisé) et le haram (interdit), selon la charia. Il précise que le crédit ne doit pas être une source de profit. L’intérêt (riba) est proscrit. Les prêts ne doivent pas faire l’objet de commerce. L’argent, en tant que capital, peut servir de moyen pour faire du commerce et non pas constituer un objet de commerce. De la sorte, «le financement accordé par la banque implique une participation de celle-ci aussi bien dans les profits que dans les pertes». Subséquemment, tout excédent généré à partir de transactions non basées sur des actifs préalablement possédés par le vendeur (le banquier) est catégoriquement prohibé. Il en est ainsi des prêts et autres formes de crédits classiques.
De fait, ces banques ne se limitent pas, comme dans le régime conventionnel, à proposer des services d’intermédiation financière. Elles interviennent pour s’impliquer dans tout le processus de création, de transformation et de commercialisation des richesses.
La proposition de loi définit par la suite les modes de financement autorisés. En général, il s’agit de «tout contrat conforme à la charia pour l’emploi des fonds afin de générer un profit». Concrètement, le financement et l’investissement s’effectuent exclusivement à travers les formules dites Mouawadates ou Moucharakates.
La première, Mouawadates, comprend tous les modes de financement qui portent sur l’acquisition par l’établissement d’un bien meuble ou immeuble et sa mise à la disposition du client, soit à travers la vente (Mourabaha) ou la location (Ijara). Quant aux Moucharakates, elles incluent deux modes de financement : Moudaraba et Moucharaka.
Le premier est un modèle qui ressemble au principe de société en commandite. Il prévoit un partenariat entre la banque qui procède à un apport en capital et son client qui intervient par le biais d’un apport en expertise ou savoir-faire (industriel, artisanal…). Les bénéfices, s’il y en a, sont partagés selon une règle de répartition établie au préalable par le contrat, alors que les éventuelles pertes sont entièrement supportées par le moudareeb, rab Al mal (l’investisseur). Et ce n’est pas tout, puisque le projet énumère dans les détails une panoplie de modes de financement et de produits (voir encadré).
Un champ d’intervention couvrant toutes les opérations bancaires conformes à la charia
Le second est une forme de partenariat au terme duquel des parties conviennent de mettre en commun des fonds pour financer le développement d’un projet ou la réalisation d’un investissement. Les bénéfices sont répartis suivant les clauses prévues dans le contrat et les éventuelles pertes sont à la charge de chaque associé proportionnellement à sa contribution.
Le champ d’intervention de ces institutions est également défini et il est très large. Il va des opérations d’ouverture de tous types de comptes à la mise à la disposition des clients de financement conformes à la charia, en passant par la collecte des dépôts, la réalisation de transferts, l’ouverture de lettres d’engagement, l’émission de lettres de garantie, et l’octroi ainsi que l’encaissement de chèques, des ordres et des bons de change. Les établissements islamiques ont, selon la proposition de loi, également le droit de gérer toutes les opérations et les instruments de change à l’international comme les chèques de voyage, les garanties, les crédits documentaires, les polices de perception ainsi que tous les services agréés par Bank Al-Maghrib et qui ne sont pas incompatibles avec les préceptes de l’islam. Il en va de même pour les opérations liées à l’or et aux métaux précieux ainsi qu’aux valeurs mobilières.
Ces établissements peuvent aussi intervenir dans le domaine de la gestion de fonds pour la clientèle (gestion sous mandat), l’assistance et le conseil en matière de gestion de patrimoine. Le projet étend les prérogatives relatives à la banque, entre autres, aux opérations d’acquisition et de gestion des participations financières, à la création de fonds caritatifs et de zakats.
Dans le domaine de l’investissement et des participations au capital, le projet autorise ces institutions à «avoir des participations dans les capitaux de sociétés et dans des projets par le biais de la Moudaraba et de la Moucharaka, et à créer des filiales spécialisées dans différents secteurs afin de soutenir leurs activités de développement et d’investissement». Elles seraient également habilitées à prendre des parts dans des fonds d’investissement et à souscrire des bons de développement (Sanadates attanmia) gouvernementaux qui se conforment à la loi islamique.
Par ailleurs, les établissements autorisés à opérer dans ce système sont classés en trois types : la banque islamique, l’institution financière assimilée à une banque islamique et l’institution financière islamique. Est qualifiée de banque toute entité morale autorisée à collecter des fonds, à les gérer et à les investir conformément à la charia islamique.
Le terme d’établissement assimilé recouvre toute société de placement de capitaux ou d’investissements, ainsi que tout organisme ou établissement qui exerce des opérations de banque conformément à la charia islamique.

Contrôle de Bank Al-Maghrib et soumission à ses règles prudentielles

L’institution financière islamique, elle, regroupe les organismes qui fournissent des services selon la loi islamique comme les sociétés de portefeuille et les fonds d’investissement ; les sociétés d’investissement et de financement ; les sociétés de change et les intermédiaires financiers ; les sociétés de conseil spécialisées dans le secteur financier ; et les organismes d’évaluation de crédit.
Fait notable, ces établissements sont assujettis à la charia et non pas à la loi 34-03 relative aux établissements de crédit et organismes assimilés, ni à la loi sur les sociétés anonymes et encore moins au code du commerce. Exception faite des dispositions de ces lois qui concordent avec celles de la charia. En somme, la proposition de loi, si elle franchit toutes les étapes du circuit d’adoption, se superposera à ces textes.
Il n’empêche, et contrairement à l’idée répandue selon laquelle les établissements financiers islamiques devraient être autonomes du système conventionnel actuel, les concepteurs Péjidistes du projet veulent plutôt qu’ils fassent partie du système bancaire actuel. Aussi, sera-t-il placé sous la tutelle de Bank Al-Maghrib et du Conseil national de la monnaie et de l’épargne (CNME), selon une stricte réglementation qui correspond aux règles de la Banque centrale aussi bien au niveau du contrôle que des règles prudentielles. D’ailleurs, les demandes d’agrément pour l’exercice de cette activité sont, selon le projet, adressées au gouverneur de la Banque centrale.
De même, le projet prévoit la création d’une commission des institutions financières islamiques dont la présidence est confiée au patron de la Banque centrale. Composée de 4 représentants des autorités monétaires (
Bank Al-Maghrib et le ministère des finances) ainsi que de 6 représentants des établissements concernés, cette instance veillera au respect de la réglementation et au bon déroulement du système. Elle procédera également à l’élaboration d’études pour informer le public sur l’activité des institutions du secteur, notamment sur leurs relations avec la clientèle.

Banques Islamiques : Le glossaire des produits financiers halal

- Mourabaha est un contrat de vente au prix de revient majoré d’une marge bénéficiaire connue et convenue au préalable. La banque achète la marchandise au comptant ou à crédit et la revend au comptant ou à crédit à son client moyennant une marge bénéficiaire convenue au préalable entre les deux parties et qui ne doit pas subir de relèvement par la suite.

- Ijara (leasing) est un contrat de location de biens assorti d’une promesse de vente au profit du locataire. Le droit de propriété du bien revient à la banque durant toute la période du contrat, tandis que le droit de jouissance revient au locataire. Au terme du contrat, deux cas de figure peuvent se présenter : le client se limite à une «location de fonctionnement» sans option d’acquisition ; il peut choisir de devenir propriétaire du bien (location de financement).

- Salam est un contrat de vente avec livraison différée de la marchandise. Ainsi, la banque intervient comme acquéreur, avec paiement comptant d’une marchandise qui lui sera livrée à terme par son partenaire, avant de la revendre au client par le procédé de la Mourabaha et selon un planning de remboursement convenu entre les deux parties.

- Istisna’a  est un contrat d’entreprise en vertu duquel une partie (Moustasni’i) demande à une autre (Sani’i) de lui fabriquer ou construire un ouvrage moyennant une rémunération payable d’avance, de manière fractionnée ou à terme. Il s’agit d’une variante du contrat Salam à la différence que l’objet de la transaction porte non pas sur des marchandises achetées en l’état, mais sur des produits finis ayant subi un processus de transformation.


Maroc - Banques : Les banques "classiques" peuvent se reconvertir totalement ou partiellement

Le projet du PJD donne la possibilité aux banques conventionnelles de se convertir en banques islamiques. Cette conversion peut être totale, c’est-à-dire que l’institution se consacre entièrement à ce nouveau système. Dans ce cas, l’institution n’est pas appelée à se soumettre aux procédures de création d’une nouvelle banque. Il suffit donc de se conformer aux dispositions de la loi proposée pour assurer ce transfert. La conversion peut aussi être partielle, dans la mesure où la banque crée des guichets, des filiales, des caisses ou des fonds d’investissement affectés à ce type d’activité. Pour cela, l’institution doit se conformer à certaines règles techniques définies dans le texte.
Hakim Challot. La Vie écowww.lavieeco.com
2012-02-13