Pages

jeudi 20 octobre 2011

Le Maroc, un marché idéal pour le développement de la finance islamique


Selon une étude du CDVM

Le Maroc, un marché idéal pour le développement de la finance islamique

Pour le CDVM, cette nouvelle «industrie» reste régie par un certain nombre d'obstacles.

Même s'ils n'ont été introduits que récemment, les produits alternatifs (de la finance islamique NDLR) présentent un moyen supplémentaire qui pourrait contribuer à financer l'économie nationale. Entendez par là que «la panoplie des produits islamiques, en l'occurrence les émissions des Sukuks, pourrait jouer un rôle important dans les financements des projets d'infrastructure et d'équipement public».

En tout cas, une chose est sûre : la mise en place de ce mode de financement pourrait contribuer à tirer vers le haut les taux de bancarisation. Pour le CDVM (Conseil déontologique des valeurs mobilières), cette activité naissante serait même une panacée pour une canalisation plus importante de l'épargne interne. En filigrane, elle serait susceptible «d'exercer une attraction soutenue des investissements directs des pays du Golfe». Seulement voilà, pour qu'elle puisse jouer pleinement ce rôle de levier puissant de mobilisation et d'affectation de l'épargne, la finance islamique devrait faire l'objet de pré-requis à mettre en place au niveau réglementaire et organisationnel. Il faut dire, bien des pierres d'achoppement risquent d'en biaiser la portée. Pour le CDVM, cette nouvelle «industrie» reste régie par un certain nombre d'obstacles qu'il convient de surmonter.

Et de citer le manque de recul et le récent historique de cette activité qui devrait «pousser à une importante vigilance ainsi qu'au développement des méthodes de gestion des risques appropriées». En outre, la rareté des ressources humaines qualifiées, les manques d'harmonisation dans les interprétations de la Charia et de cohérence dans la communication financière sont des défis importants qu'il va falloir surmonter. Tout cela pour dire, en définitive, que pour qu'elle opère pleinement, cette activité doit d'être dotée de garde-fous. Pour affirmer sa place en tant qu'un mode de financement capable de concurrencer les moyens de financement conventionnels, cette activité devrait tenir compte de la labellisation des produits. Sur ce registre, la question qui se pose naturellement concerne l'organe qui sera en charge de certifier ces prestations. Des exigences particulières sur la transparence sont à intégrer dans la réglementation pour une meilleure information des investisseurs et des épargnants.

Quant à la liquidité, il s'agit là d'un élément qui caractérise tous les marchés de la finance islamique qui sont peu profonds en comparaison avec les marchés conventionnels. Le Maroc représente un marché idéal pour le développement de la finance islamique compte tenu de la nature même du pays. En plus de l'argument religieux, l'économie marocaine souffre d'un taux d'épargne faible, ce qui ne lui permet pas de financer le niveau d'investissement nécessaire à maintenir une croissance économique forte et stable. En plus de son niveau bas, l'épargne marocaine se caractérise par une maturité trop courte pour financer les projets d'investissement long terme car elle est principalement composée d'avoirs liquides et de placements non rémunérés.

L'idéal serait donc de mettre en place des mesures pour pouvoir démystifier cette activité et promouvoir le développement des meilleures pratiques dans le secteur en introduisant des normes prudentielles internationales de supervision.

Par Abdelali Boukhalef | LE MATIN

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire